Gestion de la consommation de papier et des matières d’impression
| Region(s) | Montréal, Québec, Canada |
|---|---|
| In domains | CECOSOL, Réutilisation des matériaux, Secteur financier et bancaire |
| Participants | Caisse d'économie solidaire Desjardins |
Résumé
Des préoccupations sociales, environnementales et économiques ont toujours été et sont encore au cœur de la mission de la Caisse d’économie solidaire. Depuis 37 ans, la Caisse travaille à soutenir une économie sociale et solidaire. Elle a déployé beaucoup d’efforts au cours des dernières années afin d’améliorer ses réalisations sur le plan environnemental. Ainsi sa politique de gestion du papier nécessaire à ses activités est-elle actuellement un exemple de ce qu’une entreprise peut faire quand la volonté d’agir est universelle.
La Caisse d’économie solidaire se sert en effet de sa position de leader pour faire rayonner ses pratiques écologiques, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de ses murs. Par exemple, elle a décidé de s’approvisionner exclusivement en papier 100 % postconsommation de Cascades et elle demande à ses imprimeurs d’en faire autant.
Mise en place
La mise en place d’une gestion plus écologique du papier se fait sur plusieurs plans ; elle exige l’implication de tous et la participation spéciale de quelques-uns.
Tout d’abord, il est important de bien choisir le papier qui correspondra aux critères d’une politique d’achat verte et solidaire. Ainsi, le papier utilisé par Desjardins dans ses opérations de communications internes et externes est du papier Cascades Enviro 100, qui est fait de fibres 100 % recyclées. Pour mettre la plus grande logique possible dans l’application de sa politique d’achat, Desjardins a demandé à ses imprimeurs d’utiliser le même papier.
Concernant les communications internes, l’achat de nouveau matériel a été prévu pour maximiser la lutte contre les déchets non recyclables. La compagnie Xérox fournit à Desjardins des appareils « trois-en-un » qui incluent télécopieur, photocopieuse et imprimante. Ces appareils qui ont des pièces recyclables après usage fonctionnent avec des bâtonnets d’encre sans solvants, une caractéristique importante puisque l’encre solide génère moins de déchets. De plus, les fonctions du télécopieur sont programmées pour n’imprimer que les « échecs » de transmission et les ordinateurs de la compagnie ont été paramétrés pour faciliter l’impression recto / verso avec les nouvelles imprimantes. Il s’agit là d’une grande amélioration, compte tenu du fait qu’un nombre impressionnant de documents sont constitués de plusieurs pages. Enfin, un dernier effort porte sur les documents imprimés, dont on récupère désormais les feuillets dont le verso est resté vierge pour en faire des blocs-notes.
Tous ces changements exigent que les employés soient formés et sensibilisés à la nécessité de réduire leur consommation de papier. Si chacun d’eux accepte facilement l’idée que des efforts doivent être faits pour préserver la planète, il reste que la mise en application de cette idée et les changements d’habitudes qu’elle implique ne vont pas nécessairement de soi. Des personnes ressources doivent être spécialement chargées de faire respecter la règle par les nouveaux employés ou les employés négligents. De plus, elles doivent aussi résoudre les difficultés techniques associées à la programmation de chaque poste de travail et reconfigurer certaines fonctions des ordinateurs utilisés par les employés. Les formateurs sont également là pour apprendre au personnel non initié à se servir des multiples fonctions de classement de leurs ordinateurs.
Par ailleurs, la consigne générale est de ne plus imprimer les courriels, sauf si on en a absolument besoin. Un message de rappel est là en permanence pour inviter les employés à « penser vert ». Quant aux documents relatifs aux réunions, ils sont envoyés sous forme de powerpoint aux personnes concernées.
En ce qui concerne les communications externes, la Caisse privilégie la correspondance sans papier en envoyant un bulletin électronique mensuel au millier de membres qui s’y sont abonnés. De plus, elle entend accroître le nombre des abonnés inscrits à sa liste d’envoi électronique et prévoit également réduire sa consommation de papier de 15 %.
Défis rencontrés
La sensibilisation du personnel est un travail de longue haleine, car les habitudes qui ont été prises depuis de longues années sont difficiles à changer. Ainsi, pour en arriver à gérer les documents électroniques de manière aussi efficace que lorsqu’ils géraient des documents papier, les employés doivent participer à des réunions de formation et se soumettre à un suivi personnalisé. Le réflexe de tout imprimer revenant facilement, des rappels sont souvent nécessaires. La constance n'est pas toujours au rendez-vous, comme l’a démontré le cas d'une employée qui avait pris l'initiative de recycler le papier imprimé d'un seul côté pour fabriquer des blocs-notes agrafés qu’elle distribuait à ses collègues. Cette pratique a malheureusement pris fin avec son départ. La mise en œuvre du changement comprend des phases normales de régression et l’important est de savoir tenir le cap.
Résultats
Les actions de la Caisse ont également un effet sur le coût de ses opérations, puisque c’est 19 % de papier en moins qui a été acheté en 2007, notamment grâce à la maximisation du travail à l’écran et à l’impression recto verso des documents.
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Opter pour un produit vert: le papier Cascades
La décision de la Caisse d'économie solidaire est une bonne avancée environnementale. Bien que le papier de marque Cascades est probablement le meilleur produit au niveau de l'environnement offert sur le marché. Par contre, de ce type de prise de décision il est important de prendre en compte, le plus possible, le cycle de vie du produit. Un papier fait de fibres 100% recyclées post-consommation est bien, mais il faut aussi que sa production ne soit pas plus polluante que ses compétiteurs. Chez Cascades, on n'utilise pas de chlore dans le processus de blanchiment du papier et on utilise 50% moins d'eau lors de la production que la compétition. Autre chose, les boues de désencrage sont traitées et utilisées comme fertilisant (engrais). Les eaux usées sont traitées avant d'être déversées dans les cours d'eau.
Bien que ce type d'information n'est pas toujours accessible, il demeure important de garder à l'esprit que la prise en charge de l'environnement doit se faire tout au long du cycle de vie d'un produit. Les "avancées environnementales" au niveau des produits doivent se retrouver aux côtés de critères traditionnels de conception tel que la durée de vie, la sécurité, l'ergonomie, etc.