L’éco-conception d’une boîte de biscuits.
| Region(s) | Lonlay l’Abbaye, France |
|---|---|
| In domains | Économie de matières premières, Secteur agro-alimentaire |
| Participants | Biscuiterie de l’Abbaye SAS |
Résumé
La biscuiterie est une entreprise familiale d’environ 180 salariés dont le chiffre d’affaires annuel était en 2004 d’environ 20 millions d’Euros (31 millions $CAD). Elle se spécialise dans la fabrication de biscuits secs et de sablés. Selon son site Internet, elle « inscrit naturellement » sa stratégie dans une démarche de durabilité, notamment de par sa présence en milieu rural. A ce titre elle a reçue en 2005 une distinction citoyenne en Normandie.
Parmi les pratiques dans laquelle s’inscrit l’éco-conception des emballages en 2005, l’entreprise a initié en 2005 la création d’une association dont l’objectif est de faire la promotion du développement durable. L’association, constituée de quelques employés de l’entreprise, a pour mission de promouvoir le développement durable auprès du personnel et de la population locale. À cet effet, elle a mis en place une série d’initiatives. Parmi celles-ci, une projet avec son fournisseur d’électricité (les fours servant à cuire les biscuits sont très énergivores) garantissant que l’équivalent de la consommation électrique de l’entreprise mise sur le marché par le fournisseur sera issu d’énergies renouvelables. (Le contrat « 100% kWh équilibre » est offert par Électricité de France (EDF). Pour chaque kWh acheté dans le cadre de cette initiative, EDF injecte sur le réseau un kWh d’électricité provenant de l’un des ses sites de production d’énergies renouvelables en France).
En 2005, Biscuiterie de l’Abbaye a entrepris de revoir la conception des emballages des boîtes à biscuits. La démarche visait à réduire la quantité de matériel utilisé dans la confection des emballages. En allégeant ses emballages, l’entreprise optimise ceux-ci dans une perspective d’éco-conception. L’ensemble des emballages ont été modifiés: « étuis carton, films de palettisation, films en contact des biscuits, caisses d’expédition, [etc.] ». La démarche fut accompagnée, selon le site Internet de l’entreprise, par « l'optimisation du conditionnement des paquets de biscuits dans les caisses d'expédition ». Il s’agit d’un bon exemple de dématérialisation (réduction des matériaux utilisés).
Les problèmes environnementaux liés à l’emballage prennent de plus en plus d’importance chez les consommateurs français mais le contexte réglementaire force les entreprises européennes à revoir leurs procédés.
Mise en place
Qu’elle soit volontaire ou incitée par une réglementation telle que la Directive sur les emballages - Directive 2004/12/CE du 11 février 2004 relative aux emballages et aux déchets d'emballages, la mise en place d’une telle pratique dans une petite et moyenne entreprise doit toujours être initiée ou fortement supportée par la direction.
Sur le plan de la réglementation, la Directive sur les emballages susmentionnée peut expliquer en partie la mise en place de la pratique par la Biscuiterie de l’Abbaye. Elle prévoit l’obligation pour une entreprise d’élaborer une stratégie prévoyant en première priorité la « prévention des déchets d’emballages ». La directive s’applique aussi à la réutilisation, au recyclage, à l’amenuisement des déchets et à la valorisation des déchets d’emballage.
Peu de détails existent publiquement sur la manière dont l’entreprise a mis en place cette pratique mais il est fort possible qu’il s’agisse d’une démarche de longue haleine. Il faut en effet considérer que l’éco-conception d’un emballage est une méthode de production qui tient compte de l’impact qu’il peut avoir sur l’environnement tout au long de sa durée de vie. Les motivations habituelles tiennent aux économies qui en résultent, à une réponse face à la concurrence, à l’amélioration de la qualité des produits ou encore à une démarche marketing (amélioration de l’image de la marque).
La stratégie a vraisemblablement fait place à quelques grands principes de l’éco-conception : i) la considération des choix des matériaux (privilégiant les matériaux renouvelables); ii) la dématérialisation (baisse de la quantité de matériaux utilisés); iii) l’amélioration des modes de production, le re-design des produits.
Défis rencontrés
Aucune information n’est disponible à ce sujet. Normalement, les entreprises mettant en place des stratégies d’éco-conception des emballages et de dématérialisation rencontrent des défis en terme de coûts d’opération initiaux tels que ceux associés aux études de faisabilité. Ils sont aussi souvent confrontés à des heurts techniques relevant de l’ingénierie.
Résultats
Une démarche d’éco-conception peut s’avérer des plus valorisante pour l’image de marque d’une entreprise. Elle donne de la crédibilité à une démarche de durabilité dans une perspective environnementale. Selon un communiqué de presse de l’entreprise, « l’étude éco-conception qui a porté sur tous les emballages de l’entreprise a entraîné une économie de 26 [tonnes de] carton, 21 [tonnes] de plastique ». Il s’agirait aussi de 38 camions en moins sur les routes par année.
Le coût de la mise en place de la pratique a représenté 0,25% du chiffre d’affaire de l’entreprise. Outre les économies dans le temps que représente une diminution dans l’utilisation de matériaux, il s’agit en soi d’un résultat intéressant vu la reconnaissance qui a découlée du projet. C’est ainsi qu’Éco-Emballage a décerné à l’entreprise le troisième trophée ECO-TOP en 2005. Ce trophée récompense depuis quelques années les petites et moyennes entreprises et les collectivités locales qui s’engagent dans ce genre de projet.
La pratique s’est donc révélée bénéfique, ne serait-ce qu’en terme de réputation pour la compagnie. Il faut aussi noter que, suite à l’ensemble de ses efforts, l’entreprise a obtenue la certification afférente à la norme ISO 14001 (management environnemental).
Autres exemples
Il existe de nombreux exemples d’amenuisement et de simplification des emballages.
Dans le contexte Canadien notons simplement celui de la compagnie Ross-Ellis qui se spécialise dans les emballages pour CD et DVD. Elle offre dorénavant des pochettes certifiées par le Forest Stewardship Council (FSC). Les pochettes de CD et DVD sont produites depuis 2008 à 100% à partir de matières recyclées. Par rapport aux pochettes habituelles, l’initiative de Ross-Ellis permettrait selon l’entreprise d’obtenir une réduction de 55% du volume et de 66% du poids de l'emballage.
Le géant de la distribution Wall Mart Canada a réuni ses fournisseurs en 2007 pour discuter de la diminution, d'ici à 2013, de 5% de l'emballage des produits vendus. La rencontre avait été organisée conjointement avec l’Association canadienne de l’emballage.
l’entreprise Littledeer « les Pagaies du gourmet » a aussi mis en place une stratégie de redesign de ses emballages avec le concours de consultants en éco-design, l’Atelier Presse-citron de Montréal.
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