Procédé d’impression sans COV
| Region(s) | Saint-Lambert et Boucherville, Québec, Canada |
|---|---|
| In domains | Secteur des communications |
| Participants | Payette & Simms |
Résumé
Payette & Simms laisse propre impression...
Payette & Simms est une entreprise de la Rive-Sud de Montréal qui compte 35 employés (2010). En moins d’un an, la compagnie devient un chef de file environnemental dans le domaine de l’imprimerie. Après un virage vert, l’imprimeur offre un produit sans composés organiques volatils (COV). Pour y parvenir, elle a modifié ses procédés d’impression en misant sur la participation d’une équipe d’employés et sans le soutien d’ingénieurs ou de consultants spécialisés. Une nouvelle marque est née de la démarche : « Pure impression » est destinée aux clients qui mettent l’approvisionnement responsable en pratique pour répondre à leurs besoins en impressions.
Mise en place
La firme a investi dans un nouveau procédé d’impression en 2008-2009. Il aura fallu environ un an de recherche et de mise au point pour pouvoir offrir un nouveau produit sans COV. En moins de 12 mois, une des presses existantes fût modifiée et de nouveaux procédés d’impression furent développés pour éliminer l’émission de COV.
Chef d’une PME familiale, Yves Payette évolue dans le milieu de l’imprimerie depuis qu’il est enfant. Payette & Simms a été fondée en 1914 par le grand-père de l’entrepreneur. La technologie a bien évolué depuis et l’encre a coulé sous les presses de l’imprimerie à Saint-Lambert et Boucherville. En prenant la relève, Yves Payette a hérité du nécessaire renouvellement du matériel. En 2008, l’entreprise s’est portée acquéreur d’une presse offset traditionnelle. En utilisation normale, les COV s’y trouvent sous plusieurs formes : vernis, encres, solutions de mouillage ou liquides de nettoyage des presses. L’établissement a fait une pierre deux coups en transformant la machinerie. Yves Payette estime que la PME peut ainsi, « réduire son empreinte environnementale, améliorer les conditions de travail des ouvriers, et s’ouvrir aux nouveaux marchés ».
Ces 12 mois de travail ont été précédés de plusieurs années de recherche par le président. Des voyages en Europe et aux États-Unis lui ont permis de découvrir les technologies disponibles. Yves Payette a ainsi monté un dossier de recherche important. « Les Américains ont mis au point des presses à polymérisation et j’étais convaincu depuis longtemps de leur bienfait sur l’environnement. Ce qu’il manquait c’était un calcul coût-bénéfice positif. Quand le prix du baril de pétrole est passé à 1,40 $, le procédé ne coutait que 2 à 5 % plus cher qu’un procédé traditionnel. Avant c’était 8 à 15 %. On s’est lancé. » On comprend l’importance du calcul quand on sait que de plus en plus de clients sont prêts à payer plus cher pour un produit plus respectueux de l’environnement.
La mise en œuvre du procédé est le résultat d’une démarche interne. La technologie fut mise en place par le président, un contremaître et une équipe de 6 salariés. Aucune aide extérieure officielle n’a été apportée ; pas de consultants, d’experts-conseils ou d’ingénieurs. Même les coûts de développement ont été amortis par la compagnie. Seul le fournisseur en encres de l’entreprise est venu soutenir la PME. Elle a offert son support à l’équipe mise en place chez Payette & Simms. Comme ce fournisseur faisait déjà affaire aux États-Unis avec des imprimeurs ayant mis en place la technologie et les procédés sans COV, son soutien informel a été précieux. Pour assister la compagnie dans ses besoins en communication, la PME a choisi de faire appel aux services d’Ozone Relations Publiques.
Défis rencontrés
Yves Payette explique qu’il lui aura fallu surmonter plusieurs défis et ajoute que « sans une réelle conviction environnementale, nous aurions pu nous décourager. » Le perfectionnement technologique est un défi de taille pour une petite équipe. L’équipe a dû tout revoir ; de la qualité des plaques à la dureté des rouleaux et des grades de papiers. Il a par exemple fallu s’assurer que les employés modifient leurs habitudes de travail. Les pressiers doivent maintenant faire preuve de plus de précision puisque le procédé est plus complexe. Une période normale d’apprentissage avait été prévue et la PME a investi temps et argent pour la formation d’une partie de son personnel.
Les changements de procédés ou de technologies sont souvent considérés avec réticence par les employés, mais aucune résistance au changement n’a été remarquée chez Payette & Simms. Selon le porte-parole de la PME; les avantages du procédé sans COV sur la santé des ouvriers ont pris le dessus sur les réticences qu’ils auraient pu avoir.
Payette & Simms a usé de débrouillardise pour franchir les obstacles sur la route de l’imprimé durable. Il était par exemple impossible de trouver au Canada des encres recyclables débarrassées de composants pétrochimiques. Yves Payette s’est rendu lui-même au sud de la frontière pour en trouver.
Résultats
Le cœur du procédé est « la technique de polymérisation par laquelle des rayons ultra-violets provoquent la cristallisation des encres ». C’est en durcissant les encres de la sorte qu’elles s’imprègnent au papier. Ce procédé remplace les fourneaux du système d’impression conventionnel par un photoinitiateur qui fixe l’encre sur le papier.
Yves Payette, explique qu’il « ne connaît aucun imprimeur qui offre des produits absolument sans COV ». L’impression sans COV n’aurait pas encore la popularité souhaitée vu l’instabilité du processus. Les principes de séchage dans l’impression traditionnelle occasionnent des COV à travers les processus d’évaporation et d’oxydation. Le secteur de l’imprimerie verte met en évidence ses efforts en matière de changement du contenu de l’encre. On fait grand état des substituts aux huiles minérales. Toutefois, il y a émission de COV même en utilisant des huiles végétales.
Au plan économique, Payette & Simms espère réduire les coûts associés aux technologies offset traditionnelles. Yves Payette explique : « l'utilisation des procédés existants consomme beaucoup d'énergie fossile. Il explique d’ailleurs qu’une bonne part des encres usuelles (jusqu’à 50 %) est composée d'huile minérale à base de pétrole ». Ces économies sont une bonne nouvelle pour les employés dans une période où les PME se serrent la ceinture.
Autres exemples
Aucun cas d’imprimeurs canadien ayant mis sur place un procédé similaire. Une recherche rapide permet pourtant de voir que les procédés d’impression par polymérisation sont de plus en plus répandus à travers le monde.
Konica Minolta, compagnie basée à Kofu au Japon a développé une encre en poudre pour polymérisation en 2000. La compagnie en produit des milliers de tonnes.
Note 1: Payette & Simms a tiré son inspiration de procédés aux États-Unis et en Europe (voir ci-dessus sous "Mise en oeuvre". Aucune information fournie dans le cadre de la mise en ligne de cette pratique.
Note 2: Article adapté d’un billet écrit pour la section PME de Novae.ca (section PME).
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